8 mars – Journée internationale de la femme.

Posted on

J’ai mis un long moment à savoir ce que je voulais vraiment dire pour cette journée. Je ne vais pas vous mentir, parler des femmes, c’est compliqué. Quand j’étais petite, ça paraissait si facile pourtant. Pour moi une femme c’était une adulte qui avait impérativement une famille, le package mari/enfants. Boulot ? Si j’ai envie, je peux très bien être mère au foyer, je suis une femme après tout. Et puis j’ai grandi. Je m’y voyais déjà pourtant, à 6 ans avec l’oreiller sous le tee-shirt, pour faire comme les grandes, comme les vraies de vraies, la cuillère en bois à la main en train de cuisiner pour toute la semaine. Aurais-je compris le concept du batch cooking avant même de savoir bien compter ? Et puis j’ai grandi. Je regardais tout autour de moi, et je croisais bien une femme seule parfois, «les vieilles» comme je les appelais. Celles qui avait l’âge que j’ai aujourd’hui. Je les voyais célibataires et sans enfants. «Aie, la pauvre comme elle doit être malheureuse» que je me disais. Aujourd’hui, ça me fait bien marrer, j’ai jamais été aussi bien dans mes pompes que depuis que je me retrouve à la place de « ces vieilles » que je plaignais. J’ai grandi avec cette image de femme forte, mais forcément à deux, ou à 3, à 8 même, pour les plus déterminées. À seule ? Vous voyez bien que ça ne se dit pas. Et puis j’ai grandi. Avec cette vision donc, de la femme qui devait à tout prix trouver l’autre partie manquante de sa personne, au risque sinon d’être incomplète tout le long de sa vie. Ah, ça, j’ai eu longtemps peur de passer à côté «du bon» ! J’avais beau passer à côté de tout le reste, pourvu que je ne loupe pas l’homme de ma vie. Un peu plus de 24 ans plus tard, à un mois de souffler ma 31ème bougie, j’ai percuté il y a seulement un an, le truc de la femme célibataire et épanouie. L’histoire voulait que je rencontre mon prince, qu’on tombe amoureux, et qu’on finissent heureux avec beaucoup d’enfants. La vraie vie me souffle autre chose. Et pour tout vous dire, je ne me suis jamais sentie aussi femme qu’aujourd’hui.
Pourtant, j’ai longtemps vu ça comme un fardeau. J’associais souvent le mot femme avec le mot subir. Vivre avec les sifflements dans la rue, les voitures qui klaxonnent, passer son temps à refuser d’aller boire un café avec un inconnu un peu trop collant. Quand on est enfant il arrive qu’on s’invente un ami imaginaire parfois. Et bien ça peut aussi nous arriver, à nous les femmes ! Un faux copain pour que le pot de colle qui nous suive fasse demi tour et lâche l’affaire pour de bon. Entre les cours de Géo et d’Anglais, on devrait nous filer des cours sur le harcèlement et le consentement. Nous rappeler que notre corps n’appartient qu’à nous, même si les railleries de certains nous laisse penser le contraire.

Alors être une femme, c’est quoi ? Et bien, c’est pourtant simple. Une femme c’est un humain comme un autre, qui bien qu’elle n’ai pas toujours les même droits que les hommes, à quand même le droit de vivre comme elle l’entend. Dans le respect et la bienveillance de l’Autre.
En gros, ça veut dire que je peux sortir sans maquillage, aller à un rencard sans m’être rasée, parler de mes règles avec une copine alors que nous sommes dans la file d’attente d’un cinéma. Je peux même en parler dans un article dédié aux femmes sur Fb, si je le veux. Cela ne fait pas de moi autre chose qu’une femme. J’ai aussi le droit de m’habiller comme j’en ai envie, une jupe courte ne veut pas dire que l’accès à tout ce qui se trouve dessous est en libre service, ça veut juste dire que dans cette jupe courte, je me sens bien. Si je veux pousser le truc un peu plus loin j’ajouterais même que je peux porter une jupe courte, avec des jambes poilues, en pleine période de menstruation et être belle quand même. Pourquoi ? Parce que je suis une femme. Et que tout ça, ça n’appartient qu’à moi. C’est un peu tout ça à la fois, être une femme. Être la personne que l’on veut être et se sentir libre et respectée tout en l’étant.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *